Archive pour avril 2011

Fibre optique : l’Etat met 2 milliards d’euros sur la table

Le gouvernement a montré aux opérateurs qu’il se tenait à leurs côtés pour le déploiement de la fibre optique. Au moment où ces derniers s’engagent à couvrir 57 % de la population en très haut débit d’ici 5 ans, l’État s’engage à consacrer 2 milliards d’euros afin d’atteindre l’objectif d’une couverture FTTH complète en 2025.

Après avoir fixé les règles pour le déploiement du très haut débit, le gouvernement s’est exprimé sur le volet financier. Mercredi, Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement du Territoire, Éric Besson, Ministre chargé de l’Industrie et René Ricol, commissaire général à l’investissement, ont révélé la carte du déploiement de la fibre optique par les opérateurs privés sur les dix prochaines années. Parallèlement, l’État a aussi dévoilé le montant des investissements qu’il consacrera au déploiement du très haut débit, notamment pour couvrir les zones moins denses.

Fibre optique

Afin d’atteindre une couverture en fibre optique de 100 % de la population d’ici 2025 le gouvernement s’engage à investir 2 milliards d’euros provenant du grand emprunt. Cette somme sera ventilée entre les opérateurs privés et les collectivités locales.

Un milliard d’euros pour les opérateurs privés

Un milliard d’euro sera prêté aux six opérateurs privés (France Télécom, SFR, Iliad, Covage, Alsatis,et une société de projet à créer, Ezyla) afin de renforcer leur capacité d’investissement. Ces opérateurs se sont engagés à couvrir plus de 3 400 communes dont les 148 villes les plus denses d’ici 5 ans, ce qui représente 57 % de la population française. Récemment, Orange a confirmé son objectif de couvrir 60 % des français en THD d’ici 2020.

« Les opérateurs nous disent que pour atteindre leur objectif de couverture, on est aux alentours de six milliards (d’euros). Entre les collectivités et (l’État), nous rajoutons quatre milliards. On est aujourd’hui aux alentours de dix milliards sur la table, pour les 10 ans qui viennent  » a précisé le commissaire général à l’Investissement, René Ricol.

Soucieux de résorber la fracture numérique et rappelant que ce chantier représentait une somme de 25 milliards d’euros sur une quinzaine d’années, Éric Besson a prévenu que l’État sera « vigilant au respect de ces engagements ».

900 millions d’euros pour les collectivités territoriales

travaux fibre optique

Pour les 43 % de la population française résidant dans les zones rurales, le gouvernement a prévu de consacrer 900 millions d’euros pour les projets de déploiement des collectivités territoriales. Les subventions pourraient s’élever de 33 % à 45 % du montant des réseaux d’initiative publique selon l’importance des zones rurales dans chacun des départements a précisé Bruno Le Maire.

100 millions d’euros pour les solutions par satellite

Enfin pour les zones les plus reculées comme les régions montagneuses, une enveloppe de 40 à 100 millions d’euros sera attribuée aux solutions d’accès au très haut débit par satellite.

Ces objectifs semblent optimistes face aux critiques sur les lenteurs du déploiement du très haut débit. Début janvier, Yves Rome, le président de l’Association des Villes Collectivités pour le Communications électroniques et l’Audiovisuel(AVICCA) estimait que le déploiement prendrait 40 ans à ce rythme là. Par ailleurs, avec 900 millions d’euros consacrés aux collectivités territoriales, le gouvernement est loin des 15 milliards sur 15 ans réclamés par ces dernières.

Source : AFP

Conduite de projets numériques intercommunaux : étude de l’ADCF

L’Assemblée Des Communautés de France (ADCF) a publié en mars 2011 une étude en ligne de 44 pages sur la conduite des projets numériques intercommunaux.

L’étude s’est attachée au travers d’une enquête et d’entretiens d’élus et cadres à observer l’évolution des usages du numérique dans les communautés.

C’est le baromètre annuel que l’ADCF, via Ocalia, publie depuis 2004 pour suivre l’évolution des TIC dans les structures intercommunales, soutenue en cela par France Télécom Orange.

Historiquement habitués à intervenir sur les infrastructures de haut débit, les projets numériques des intercommunalités s’occupent maintenant d’usages et de services (pour 36% des stratégies numériques).

Le document intitulé “Les projets numériques intercommunaux” :

  • observe la progression des usages,
  • identifie les thèmes sur lesquels portent les initiatives locales.

Le classement par thématique est illustré de réalisations techniques concrètes.

Il est remarqué une progression des services publics en ligne et depuis peu l’engagement des intercommunalités dans l’éducation.

Pour reprendre les constats selon les termes mêmes de l’étude :

  • Les services : un accès renforcé par la dématérialisation
  • Des outils de gestion partagée
  • Développement économique : sensibilisation des entreprises et soutien de la filière numérique
  • Tourisme : organiser, articuler et mobiliser des moyens
  • L’éducation investie par le numérique
  • Santé, maintien à domicile : des sujets encore peu explorés

En plus du recensement des tendances à partir des réalisations, le document consacre une partie à l’organisation et aux budgets qui accompagnent l’exercice de la compétence numérique dans les intercommunalités, en fonction de la taille de la structure.

Télécharger l’étude sur le site de l’ADCF

LE TRÈS HAUT DÉBIT SUSCITE PEU D’INTERET DANS LES DOM

Un appel à manifestations d’intentions d’investissement (AMII) a été lancé par le Gouvernement le 4 août 2010, afin d’inviter les opérateurs de communications électroniques à présenter leurs projets de déploiement de réseaux à très haut débit (THD).

En réponse à cet appel, 6 opérateurs – France Télécom, SFR, Iliad, Covage, Alsatis et une société de projet à créer Ezyla – ont manifesté leur intention d’engager, d’ici 5 ans, les déploiements sur plus de 3 400 communes regroupant, avec les 148 communes qui constituent les zones très denses, près de 57% des ménages.

Le rapport qui a été rendu démontre un intérêt pour les investisseurs pour des projets étant basés en métropole. A l’inverse peu de projet sont destinés au territoires d’ Outre-Mer. DM Conseil, société spécialisée dans les activités d’audit et de diagnostic technique autour des métiers des TIC nous fait part des différentes initiatives privées pour les Départements d’Outre-Mer qui sont au nombre de 4 pour l’ensemble des DOM :

- une à La Réunion sur la commune de Saint-Denis,
- deux en Guadeloupe sur les communes de Pointe-A-Pitre et de Basse-Terre,
- une en Martinique sur la commune de Fort-de-France,
- zéro en Guyane.

L’ensemble des cartes et des réponses à l’appel à manifestations d’intentions d’investissement sont disponibles via ce lien.

Source : DOM TOM ADSL

Sony : Le réseau PlayStation Network piraté

Le système PlayStation Network, portail interactif reliant la Playstation 3 à des programmes en ligne (jeux, films, musique) a été pris pour cible par des pirates qui se sont procurés des données appartenant aux utilisateurs, selon Sony. Des dates de naissance et des mots de passe ont été volés, un vol qui fait craindre à Sony des usurpations d’identité à des fins d’escroquerie.

De plus, il est possible que des numéros de cartes bancaires aient également été dérobés : « Rien ne permet pour l’heure d’affirmer que des données bancaires aient été dérobées mais nous ne pouvons l’exclure » a indiqué Sony dans un mail adressé aux utilisateurs du service en ligne.

Ce vol avait provoqué un « arrêt momentané du réseau PlayStation » ainsi que son service de musique en ligne Qriocity, a précisé M. Seybold. Et le réseau sera une nouvelle fois coupé dans quelques jours, afin d’enquêter sur ce piratage et trouver les coupables.

Cependant, Sony a déjà quelques doutes sur les possibles responsables de ces piratages. En effet, Anonymous, un groupe de pirates informatiques, avait annoncé en début avril qu’il souhaitait se venger de la société japonaise qui a engagé une action judiciaire contre deux « hackers ». Sur leur site, anonnews.org, Anonymous avait annoncé le lancement de l’opération intitulée « Opération représailles ».

Sources : L’ExpressPlaystation 3

ACTU MARTINIQUE: LE POINT SUR LE HAUT DEBIT

Serge LETCHIMY, Président de Région, a visité ce vendredi 15 avril le chantier du haut et très haut débit et a rencontré des représentants de l’Université Antilles Guyane, première utilisatrice de ce réseau performant.

La nouvelle équipe régionale a hérité d’une situation au bord de la rupture entre Martinique Numérique, délégataire en charge de la construction et de l’exploitation du Réseau, et la Région Martinique. Deux ans après la signature du contrat, Martinique Numérique n’avait toujours pas livré le Réseau.

Non-conformité de certains travaux d’enfouissement de tronçons, divergences d’interprétations du contrat et dialogue difficile entre le délégataire et l’ancienne mandature, autant de difficultés qui ont pendant plus de huit mois fait l’objet de mises en demeure, diagnostics, reprise des négociations à l’initiative de Serge LETCHIMY pour aboutir début décembre 2010 à la réception du premier tronçon.

A ce jour, 79 points de connexion sur les 98 prévus dans le projet sont connectés en très haut débit et prêts à être réceptionnés. Par exemple, cela concerne des sites stratégiques comme le CHU, l’UAG, de nombreuses zones d’activité économiques, zones industrielles et zones artisanales.

36 Nœuds de Raccordement sont également prêts pour la réception offrant un potentiel de dégroupage de 150 000 lignes sur les 175 000 lignes téléphoniques en Martinique. 209 kilomètres de fibre optique sont déployés soit 99 % de la fibre du Réseau. 9 sites radios en faisceau hertzien sont réalisés sur les 15 sites prévus dans le projet.

Face aux choix techniques adoptés initialement, près d’une dizaine de zones ne sont aujourd’hui pas encore couvertes par le haut débit. A son arrivée, Serge LETCHIMY s’est donc saisi à bras le corps de ce dossier pour lancer des travaux complémentaires de couverture des zones blanches. A l’horizon 2011-2012, il est prévu de permettre la couverture d’une quarantaine de zones blanches et le déploiement de fibre optique dans des zones non encore desservies.

C’est aussi, dans le cadre d’un plan d’aménagement numérique sur 10-15 ans qui sera bientôt porté par la Région Martinique, le lancement de projets Très Haut Débit pour les acteurs économiques, administratifs et les particuliers.

Source : LE SITE DE SERGE LETCHIMY

ACTU REUNION: UNE OFFRE SATELLITE GRATUITE

L’île de la Réunion, aura droit à une diffusion de la TNT par satellite gratuite sans pour cela passer par Canalsat et Parabole Réunion.

En effet, les réunionnais pourront juste avec un simple décodeur et une carte Viacess avoir accès gratuitement à la TNT par satellite.

Seul bémol, il faut attendre jusqu’au lancement du nouveau satellite Eutelsat W3C pour avoir accès à cette offre satellite gratuite.

De plus, Rappelez vous la Réunion passera au tout numérique à partir du 25 Octobre.

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Rappel: Les Aides

- Aide à l’équipement

Jusqu’à 45 ou 70€ sous conditions de ressources. Elle sert à l’acquisition d’un décodeur TNT HD, d’un téléviseur avec le décodeur TNT HD intégré, ou pou la souscription à un abonnement à la télévision par satellite ou par ADSL.

- Aide à l’antenne

Jusqu’à 120€ sous conditions de ressources. Elle sert à l’intervention d’un antenniste pour régler votre antenne, l’adapter, le réorienter ou la remplacer.

- Aide à la réception

Jusqu’à 250€.Elle vous sera attribuée uniquement si vous receviez la télévision hertzienne et que vous ne recevez pas la TNT. Elle sert à l’acquisition d’un mode de réception alternatif: installation d’une réception par satellite, par ADSL ou par Câble incluant les chaînes de la TNT.

Pour cette aide, il n’y a pas de conditions de ressources, uniquement des conditions de mauvaise réception.

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+ de Renseignement sur les Aides:

1- Vous pouvez les obtenir en appelant le             0970 818 818       (coût d’une communication locale)

2- Vous pouvez les télécharger depuis la fin du mois de Mars sur le site: http://outremer.tousaunumerique.fr

Finie la saisie de texte?

 Si vous possédez un téléphone Android (commercialisé par Google), faites ceci: sur l’écran d’accueil, appuyez sur l’icône du micro, puis dites: «Combien y a-t-il d’angströms dans un mile?» Parlez normalement, sans ralentir votre débit ni articuler exagérément «angström». Si votre connexion Internet est bonne et rapide, en moins d’une seconde, votre téléphone devrait être capable de comprendre la question et afficher la réponse: 1.609.344 × 1013.

Et ça marche pour toutes sortes de questions. Demandez: «Combien font 10 fois 10 divisés par 5 milliards»: votre téléphone fait le calcul. Dites: «Itinéraire pour aller au McDonalds» ou lisez une adresse —même approximative, du genre «33e et 6e, New York»— votre Android affichera un plan vous indiquant comment y aller.

Ça marche aussi dans d’autres langues que l’anglais: d’une part, l’appli de traduction d’Android (également disponible pour l’iPhone) convertit l’anglais en français oral (entre autres langues); d’autre part, le téléphone est doté d’un «mode conversation» qui permet, par exemple, à un touriste anglophone se trouvant face à un serveur en France de faire traduire en anglais ce que lui dit en français son interlocuteur. Cerise sur le gâteau, Android vous permet aussi de dicter vos e-mails et vos textos.

Les limites de la reconnaissance vocale repoussées

Ceux parmi vous qui ont déjà essayé des logiciels de reconnaissance vocale sont peut-être sceptiques quant aux capacités d’Android. Car auparavant, il fallait parler de façon quasi-artificielle, et les erreurs étaient si fréquentes qu’il était souvent plus facile de se résigner à taper son texte. Aujourd’hui, les systèmes de reconnaissance vocale les plus performants —par exemple, le logiciel créé par Dragon—, n’ont plus besoin que vous parliez bizarrement. Cependant, ils ont tendance à être lents et à énormément solliciter le processeur de votre ordinateur pour décoder ce que vous racontez.

Le système de Google, en revanche, décharge son traitement sur le cloud. Tout ce que vous dites à votre téléphone Android est retransmis aux centres de données de Google, où des serveurs ultra-puissants appliquent des modèles statistiques pour comprendre vos propos. Ce processus est rapide, peut être déclenché de n’importe où et est incroyablement efficace. Vous pouvez parler normalement (pour ponctuer votre e-mail, vous devez quand même dire «virgule» ou «point»), aussi longtemps que vous le souhaitez et employer les plus longs: aucun problème. Vous pouvez même avoir un accent régional.

Comment se fait-il que la fonction de reconnaissance vocale d’Android fonctionne si bien? C’est la magie des données! La reconnaissance vocale fait partie d’une série de programmes d’intelligence artificielle de Google (les autres étant des outils de traduction et de recherche d’images) extrêmement performants. Ces systèmes sont capables d’analyser des mines d’informations. S’agissant du système de reconnaissance vocale, les données consistent en une multitude d’enregistrements de voix.

S’il vous est arrivé d’utiliser la fonction de reconnaissance vocale d’Android, le service de transcription de messages vocaux en e-mails de Google, Goog411 (un service d’informations qui n’existe plus) ou un autre service vocal de Google, il y a de fortes chances pour que la société dispose de votre voix quelque part sur ses serveurs. Et c’est uniquement parce que Google a conservé votre voix (et des millions d’autres) que son système est capable de reconnaître la mienne.

Des milliards de données vocales enregistrées et analysées

L’enregistrement de votre voix est stocké de façon anonyme, sauf si vous avez activé la fonction de reconnaissance vocale personnalisée d’Android. En d’autres termes, Google ne peut pas associer votre voix à votre nom. Néanmoins, quand on constitue une immense base de données composée de phrases prononcées par des millions de gens, les questions liées à la confidentialité sont fascinantes.

Mais si on fait provisoirement abstraction des problèmes de confidentialité, il est indéniable que la reconnaissance vocale est l’un des divers outils informatiques qui ont pu naître uniquement grâce à la capacité inédite à stocker et analyser des tonnes d’informations. D’une certaine manière, le futur des logiciels –et, par conséquent, celui du secteur informatique– est tributaire de ces bases de données. Si le film Le Lauréat sortait aujourd’hui, le conseil que donnerait M. McGuire à Benjamin Braddock pour réussir serait le suivant: «Rien qu’un mot: données».

La reconnaissance vocale et ses acteurs ont évolué

L’histoire de la création des machines capables de décrypter le discours aide à comprendre pourquoi les enregistrements de bribes de paroles, phrases, mots, syllabes, etc. sont nécessaires à la reconnaissance vocale.

Fin 2010, j’ai rencontré Mike Cohen, directeur du système de reconnaissance vocale de Google, lors d’une conférence sans intérêt qui s’est tenue au siège de Google (Mountain View, Californie). Mike Cohen est l’un des grands experts de la reconnaissance vocale dans le monde. Il a plusieurs dizaines d’années d’expérience et a suivi l’évolution d’une discipline dans laquelle, au départ, des linguistes s’intéressaient à l’informatique et où, à l’heure actuelle, ce sont les ingénieurs informatiques qui s’intéressent aux langues.

«Dans les années70, il y avait deux camps qui se parlaient à peine», raconte Mike Cohen. Les linguistes étaient plus ou moins persuadés que les différents sons du langage pourraient être analysés et transformés en un ensemble de règles informatiques. Il suffisait, selon eux, d’écouter suffisamment de «discours», puis de répertorier minutieusement la fréquence des sons entendus. Une fois les différents sons analysés et stockés dans une bibliothèque de référence, un ordinateur serait capable de le reconnaître un son donné simplement en le recherchant.

De prime abord, pourquoi pas? Mais les informaticiens ont vite été confrontés à un problème de taille: l’écart entre l’homme et la machine serait énorme. L’analyse informatique allait porter la reconnaissance vocale bien plus loin que ce dont est capable l’homme. Concrètement, si on enregistre suffisamment d’échantillons audio dans un ordinateur puissant, il finira par être capable d’identifier toutes sortes de nuances qui dépasseraient totalement les linguistes. Pour reprendre la formule de Frederick Jelinek, chercheur informatique et l’un des pionniers en matière de reconnaissance vocale: «A chaque fois que je vire un linguiste, l’outil de reconnaissance vocale gagne en performances».

Il y a a, a et a

Au fil des années, explique Mike Cohen, les deux camps se sont rapprochés. Les systèmes de reconnaissance vocale actuels reposent sur les connaissances poussées des linguistes et des informaticiens. Mais ces derniers sont toujours face à un problème fondamental: les sons du langage humain sont trop nombreux pour qu’on puisse les décrire sous forme de règles linguistiques explicites.

Le directeur du système vocal de Google donne un exemple. La plupart des gens diront qu’en anglais, le a dans les mots map, tap, et cat, est prononcé de façon identique. En réalité, il y a des nuances très subtiles. Pour prononcer le son M dans map, la lèvre supérieure vient rejoindre la lèvre inférieure, ce qui forme un long tube fermé dans votre canal vocal. Le son a qui suit en est modifié: dans ce cas, votre larynx vient d’émettre le son à basse fréquence M dans les 10 à 30 premières millisecondes de l’articulation du a de map; il y a ici de nombreuses vibrations à basse fréquence qu’on ne retrouve pas en début de prononciation du mot tap.

Je vous laisse imaginer le nombre incalculable de nuances qui existent pour tous les mots et combinaisons de mots dans toutes les langues de ce monde. «On ne peut absolument pas [décrire les sons] en définissant des règles explicites», réaffirme Mike Cohen. Le seul moyen d’identifier toutes ces différences, c’est l’analyse de données à grande échelle: en faisant analyser une myriade d’exemples de discours par de nombreux ordinateurs.

La recherche Google sert la reconnaissance vocale

Mais où se procurer toutes ces paroles? «L’un des gros obstacles à la reconnaissance vocale, c’était les données», explique Mike Cohen. Durant de nombreuses années, les chercheurs savaient, sur le principe, comment bâtir des systèmes de reconnaissance vocale. Cependant, ils ne savaient pas comment obtenir suffisamment de conversations ou de puissance informatique pour le faire. Puis, Google est né. Et il s’est trouvé que l’infrastructure dont a eu besoin Google pour mettre au point un extraordinaire moteur de recherche (des centres de données titanesques prévus pour stocker et analyser les sites web, ainsi qu’une série de processus internes spécialement conçus pour gérer d’immenses quantités d’informations) allaient permettre de résoudre les problèmes que posaient la reconnaissance vocale ou d’autres programmes d’intelligence artificielle.

La recherche et la parole ont beaucoup de caractéristiques communes. Pour déchiffrer ce que vous dites, le système de reconnaissance vocale de Google ne se contente pas de faire des recherches sur les voix enregistrées. Il parcourt aussi une kyrielle d’autres données, y compris des milliards de recherches effectuées par des internautes dont il se sert pour prédire les mots que vous prononcez. Si vous dites Paris, on pourrait comprendre «pas ri» (du verbe rire à la forme négative), mais Google sait que vous parlez sans doute de la capitale française, parce que la seconde option fait beaucoup moins fréquemment l’objet de recherche sur Internet.

Le programme de reconnaissance vocale de Google regroupe plusieurs milliards de bribes de texte et sons. Selon Mike Cohen, pour mettre au point ne serait-ce qu’une partie de ce programme, il a fallu «environ 70 années processeur». Le «nuage» de processeurs de Google est capable de tout traiter en une journée. «C’est l’une des choses qui font que je travaille pour Google aujourd’hui», confie Mike Cohen. «Nous sommes désormais capables de parcourir les résultats de recherches plus rapidement, d’appliquer ces immenses modèles pour voir ce qui fonctionne.»

La reconnaissance vocale est une discipline encore jeune. «Nous ne nous satisfaisons pas de ce qui existe dans ce domaine aujourd’hui.» Le directeur du système de reconnaissance vocale de Google souligne que cet outil ne cesse de s’améliorer (du reste, de plus en plus de gens continuent d’utiliser la fonction de recherche vocale des téléphones Android), mais précise qu’il faudra encore plusieurs années ou décennies pour arriver à ce qu’il appelle la vision à long terme de Google en matière de reconnaissance vocale.

Et de conclure: «Nous voulons que [la fonction de reconnaissance vocale] soit omniprésente. Quelle que soit l’application que vous utilisiez, peu importe ce que vous souhaitez faire via votre téléphone, nous voulons que vous puissiez lui parler.»

source : Slate.fr


Votre ordinateur vaut bien plus que son prix !

Imaginez que vous soyez tombé nez à nez ce
matin avec un cambrioleur masqué, faisant main basse non pas sur votre
argenterie ou vos bijoux, mais sur votre ordinateur portable. Ce criminel
atypique vous dit qu’il ne veut pas voler votre ordinateur mais le kidnapper.
Il vous le rendra si vous acceptez de négocier avec lui, et de déterminer
combien vous seriez prêt à mettre dans un rançon, annuelle, vous octroyant le
privilège de garder cette machine chez vous.

Les ordinateurs et leur valeur insoupçonnée

Ce qui pourrait sembler ridicule, mais de
nombreux économistes adoreraient faire cette expérience. Car ils suspectent que
nos ordinateurs valent, d’une certaine (et étrange) façon, bien plus que
ce que nous payons en les achetant. Actuellement, en gros, nous dépensons 550 euros
en matériel, et 30 euros en connexion Internet. Si vous achetez un ordinateur tous
les quatre ans, cela vous revient environ à 480 euros par an.

Mais nous passons des
milliers d’heures par an à nous délasser ou à effectuer des tâches
domestiques devant l’écran de nos ordinateurs personnels. Nous comparons les
prix de produits à travers le monde entier, nous ignorons les poèmes que Tata
Millie nous envoie, nous faisons nos comptes, jouons à des jeux fantastiques et lisons des journaux
en hindi. Ces activités doivent valoir à nos yeux bien plus quelques
centaines d’euros, vu comme nous dépensons notre argent sur d’autres choses.

Une valeur à chiffrer

Tout d’abord, voyons pourquoi les économistes
pensent qu’il est important de répondre à cette question. La valeur d’un
ordinateur ne correspond-elle pas précisément à ce que le marché en demande, c’est à dire la
somme du prix du PC, du coût de la connexion Internet et de d’électricité? Qui
se soucie de la valeur de bénéfices incalculables, de toutes les façons?

La
réponse la plus générale est que les économistes s’en soucient parce qu’il
semble que nous tirons d’énormes bénéfices incalculables de nos ordinateurs et
d’Internet, des bénéfices qui ne relèvent pas des traditionnelles mesures du PIB, des dépenses et des revenus.

Erik Brynjolfsson,  un
économiste
du MIT ayant passé vingt ans à étudier les effets de la
technologie sur les affaires et les statistiques macroéconomiques, explique que
cette question de la valeur pourrait nous faire revoir toute la manière dont
nous mesurons la production économique, puisque de plus en plus de
marchandises, de services et d’expériences se font aujourd’hui dans un monde
connecté et numérique et sont de plus en plus difficiles à comptabiliser. Pour
reprendre les termes de Tyler
Cowen, économiste à l’Université George Mason
, et qui vient juste de
consacrer une énorme part d’un
e-book
sur le sujet: «Plus nous
modifions l’usage de notre temps, moins nous pouvons nous fier aux statistiques
du revenu réel
».

Le «surplus du consommateur»

De nombreux économistes ont donc cherché à
définir ces «surplus du consommateur»
—la jolie formulation universitaire signifiant les «bénéfices que vous obtenez sans avoir à payer pour»— des
ordinateurs et d’Internet. (Et une littérature encore plus foisonnante explique
quelle est la valeur des ordinateurs pour les entreprises.) Par exemple, Erik Brynjolfsson
a mis le
doigt
sur l’impact des libraires en ligne, comme Amazon. Avec ses
co-auteurs, il a remarqué que l’incroyable variété de livres disponible sur
Internet, comparée aux boutiques physiques, procure des bénéfices au
consommateur.

Les calculs sont complexes, mais, globalement, Erik Brynjolfsson
et ses co-auteurs ont déterminé «de
combien d’argent un usager pré-Internet avait besoin pour obtenir l’équivalent
de ce qu’il ou elle a obtenu après l’émergence des marchés en ligne
»,
émergence qui lui a permis d’acheter un livre rare à un prix de marché correct
quasi instantanément. En se replaçant en 2001, il a estimé ces bénéfices entre 51
millions d’euros et 725 millions d’euros, soit de 7 à 10 fois les bénéfices de
la baisse des prix du livre générée par la concurrence en ligne.

Quelques études encore plus ambitieuses ont
cherché à évaluer tout le tremblement. L’une
des premières initiatives
est venue d’Austan Goolsbee, directeur du Conseil
des conseillers économiques de la Maison Blanche, qui était à l’époque
économiste à l’Université de Chicago, et de Peter Klenow, de Stanford.

En 2006,
ils se sont intéressés aux «gains de
bien-être
» incalculables que nous obtenons grâce à Internet. «Seulement 0,2% des dépenses de consommations
américaines […] provenaient d’Internet en 2004, et pourtant les données
disponibles sur le temps d’utilisation montraient les individus passer environ
10% de leur temps libre en ligne
», écrivaient-ils. Ils développèrent un
modèle fondé sur la valeur du temps individuel, et estimèrent au final que
l’accès à Internet correspondait à 2% du revenu global. Ensuite, ils estimèrent
que la valeur des gains de bien-être permis par Internet pouvait aller jusqu’à
2600 euros par personne.

Plus récemment, Karen Kopecky de la Réserve
Fédérale d’Atlanta et Jeremy Greenwood, de l’Université de Pennsylvanie ont abordé une question
connexe. Ils ont analysé les valeurs des ordinateurs personnels, du branlant
Apple II de 1977, jusqu’aux modèles surpuissants actuels, en prenant comme
repère les évaluations d’autres nouvelles technologies. Au final, ils ont
estimé que les PC valaient de 2 à 3% des dépenses de consommation personnelle.
Des calculs approximatifs  tableraient
jusqu’à 140 milliards d’euros, soit environ 450 euros par personne et par an. Mais
une analyse plus précise du Wall Street Journal mentionne
quelque-chose comme 1175 euros.

Évidemment, d’une certaine façon, ces études
mesurent l’incommensurable. Et je suis peut-être un cas particulier, mais vous
devriez me payer beaucoup plus que 1400 euros pour m’enlever Internet et mon
ordinateur portable. En outre, les économistes doivent engager ou deviner
toutes sortes de variables pour que leurs modèles soient effectifs —comme la
force de votre préférence pour l’utilisation d’Internet contre celle de la
télévision, et la valeur de votre temps libre. Cependant,  ils démontrent que nos ordinateurs valent des
sommes considérables à nos yeux. Mais vous n’aviez peut-être pas besoin d’une
étude universitaire, ou de la menace d’un enlèvement économique pervers de
votre ordinateur, pour le savoir.

Source : Slate.fr

Gestion du trafic Web : les opérateurs peu enclins à la transparence

En janvier, l’ARCEP, le régulateur des télécoms a demandé aux opérateurs des informations sur les moyens utilisés pour faire face à l’inflation de consommation de bande-passante. En clair : l’accès à certains services sont-ils dégradés par rapport à d’autres ou en fonction des moments de la journée ?

source : www.zdnet.fr

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