Archive de la catégorie Economie

8,5 milliards de dollars cash ! Et Microsoft empoche Skype !

Logo de Microsoft mangeant celui de Skype Microsoft vient de débourser ce 10 mai 2011 sa plus grosse somme cash pour une acquisition de société : 8,5 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros) pour s’offrir quand même rien moins que… Skype !

Le leader des services VoIP est fort de 663 millions d’inscrits dont 124 millions l’utilisent au moins une fois par mois et 8,1 millions utilisent des services payants.

Il aura fallu cette surenchère pour que Google, FaceBook, Cisco entre autres abandonnent la partie.

Les élucubrations vont déjà bon train :

  • Certains voient déjà Skype intégré à Windows, en liaison avec services de messageries et de communication maison comme Outlook.
  • Après la signature avec Nokia ce pourrait aussi être une façon de promouvoir fortement Windows Phone 7 et les capacités d’appels en Wi-Fi ou en 3G. Cela permettrait à Skype de peser via Microsoft sur les opérateurs qui interdisent ce genre d’accès.
  • Microsoft étant actionnaire de Facebook, le réseau social ajouterait plus facilement la vidéo et la voix à son service de chat.
  • On parle déjà d’utilisation des crédits Facebook pour acheter des minutes d’appel en Skype Out.
  • Skype sera également intégré à la console de jeux du groupe, Xbox et à Kinect.
  • Par contre personne n’ose avancer que Skype serait intégré dans Live au point de disparaitre à cause d’une image trop forte de ce service dans le grand public.

Curiosité liée à cette acquisition, Martin Varsavsky le fondateur de FON, la plus grande communauté Wi-Fi du monde a aussitôt fait remarquer sur Twitter que FON était surement un cas unique après ce rachat… en disposant parmi ses actionnaires de Microsoft,… et de Google !

Révolution du mobile : entre prix de gros ou annonce spectaculaire ?

Téléphone mobile stylisé inclus dans panneau C’est demain 11 mai 2011 que nous saurons qui de Numéricable ou de Free, ou un troisième larron, se cache derrière la promesse d’une révolution dans le monde du mobile en Métropole avec une offre illimitée à bas prix.

D’autre part, l’ARCEP vient de fixer les nouveaux prix à la baisse des tarifs de la terminaison d’appel (TA) dans la téléphonie mobile, ou encore ce que l’on appelle le prix de gros.

Le prix de la TA est le prix que doit payer un opérateur lorsqu’un de ses abonnés appelle un abonné d’un autre opérateur.

En 2009, la TA d’Orange et de SFR avaient été fixées à 3 centimes par minute, celle de Bouygues Telecom à 4 puis à 3,4 centimes (estimant que celui-ci disposait de beaucoup moins d’abonnés que ses concurrents mais invalidé par le Conseil d’État en juillet 2009).

En juillet 2010, l’ARCEP avait déjà traité du prix de gros des SMS.

Au 1er janvier 2013, le prix de la TA sera de 0,8 centimes par minute tous opérateurs confondus.

Pour y parvenir elle passera par les tarifs successifs de :

  • 2 centimes par minute à partir du 1er juillet 2011, avec déjà des tarifs symétriques pour tous les opérateurs,
  • 1,5 centime par minute, à partir du 1er janvier 2012,
  • 1 centime par minute, à partir du 1er juillet 2012,
  • 0,8 centime par minute à partir du 1er janvier 2013.

L’objectif visé par l’ARCEP est de conduire les opérateurs à proposer plus d’offres mobiles illimitées.

Une question toutefois : si le coût de la TA, reconnu en métropole comme représentant de 10 à 15 % du chiffre d’affaires des opérateurs, à quel niveau se situe la TA à La Réunion pour qu’un appel vers Orange depuis SFR coûte près de 3 fois plus qu’un appel vers un abonné SFR ?

Comme toujours une mesure métropolitaine risque de ne pas voir immédiatement le jour à La Réunion !

Plan Très Haut Débit entre enthousiasme officiel et réserves AVICCA

Le 27 Avril 2011 en Conseil des Ministres, Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, et Éric Besson, ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, ont annoncé que “sollicités par le Gouvernement, les opérateurs ont fait part de leur intention d’engager, d’ici cinq ans, ce déploiement sur le territoire de plus de 3.400 communes regroupant, avec les 148 communes constituant les zones très denses, près de 57% des ménages français”.

Après avoir souligné que “le déploiement d’infrastructures de communications électroniques à très haut débit représente un enjeu majeur pour la compétitivité de la France” car il permet le développement de nouveaux services innovants, pour les entreprises comme pour les acteurs publics et les citoyens”, les ministres ont rappelé que “le programme national en faveur du très haut débit, annoncé en juin 2010 et qui mobilise 2 milliards d’euros au titre des investissements d’avenir, sera opérationnel à l’été 2011″.

Il a  aussi été rappelé que “des prêts, d’un montant total d’un milliard d’euros, renforceront la capacité d’investissement des opérateurs” et qu’ils “seront également accessibles aux opérateurs privés choisis comme délégataires au terme d’une procédure ouverte dans le cadre de réseaux d’initiative publique”.

En outre, un label gouvernemental sera décerné aux opérateurs prenant des engagements en matière de rapidité et d’homogénéité de leur déploiement.

Par ailleurs, “une enveloppe de 900 millions d’euros, préfigurant le fonds d’aménagement numérique des territoires (FANT), sera consacrée aux projets des collectivités territoriales de déploiement de fibre optique (la copie pour l’île de La Réunion devrait être prête dans les temps ).

Les ministres ont aussi précisé que “l’Etat veillera à la bonne articulation entre l’initiative privée et l’initiative publique. Le cofinancement sera modulé selon la situation de chaque département, en prenant en compte la proportion de la population vivant en territoire rural. S’agissant de l’outre-mer, les modalités de financement seront adaptées afin de prendre en compte les spécificités de ces territoires. Une part minoritaire de l’enveloppe sera consacrée à l’amélioration de la fourniture d’accès à Internet à haut débit par des technologies alternatives telles que la montée en débit. Les conditions de financement public seront similaires à celles retenues pour le très haut débit”.

L’Association des VIlles et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel (Avicca) a réagi dans la foulée par un communiqué en saluant les mesures annoncées par le Gouvernement pour le très haut débit, tout en formulant des réserves et en demandant “une péréquation entre les territoires”.

Elle déclare que “les mesures d’aides de l’Etat pour passer au très haut débit sont bienvenues, tant la France, comme l’Union européenne en général, est en train de prendre du retard sur les pays les plus avancés”.

Toutefois, l’association considère qu’”elles s’inscrivent dans un cadre qui les fera buter sur trois problèmes rédhibitoires”, car l’action publique est subordonnée à l’action privée, alors même que le modèle économique des opérateurs pour assurer cette mutation très gourmande en capitaux n’est pas assuré”.

Elle déplore la “complexité et les inégalités de traitement” qu’engendrent l’absence d’obligation d’une “couverture des territoires concernés” et la réduction des moyens financiers.

Depuis plusieurs années l’Etat a ponctionné les opérateurs pour boucler son budget (contribution au financement des industries de programme, financement de l’audiovisuel public, augmentation de la TVA…). La somme prélevée chaque année est largement supérieure au total des subventions du Programme national, qui seront étalées sur plusieurs années”, observe l’Avicca.

Elle constate que “les collectivités sont appelées à la rescousse pour combler les trous”.

Elle demande un “véritable “plan B” qu’il faut mettre sur pied” comportant notamment “une péréquation entre les territoires, une hiérarchisation des cibles locales, à commencer par les communes et les quartiers mal desservis en haut débit” et l’adoption d’une “législation qui oblige à la couverture intégrale des zones fibrées” avec “un financement majoritaire de ces nouveaux réseaux via une contribution de service public, perçue principalement auprès des abonnés aux réseaux de communications électroniques”.

Nul doute que les opérateurs ne vont pas tarder à réagir à cette proposition.

Source Mairie-info.com
Accès au communiqué du Conseil des Ministres
Accès au communiqué de presse AVICCA

Fibre optique : l’Etat met 2 milliards d’euros sur la table

Le gouvernement a montré aux opérateurs qu’il se tenait à leurs côtés pour le déploiement de la fibre optique. Au moment où ces derniers s’engagent à couvrir 57 % de la population en très haut débit d’ici 5 ans, l’État s’engage à consacrer 2 milliards d’euros afin d’atteindre l’objectif d’une couverture FTTH complète en 2025.

Après avoir fixé les règles pour le déploiement du très haut débit, le gouvernement s’est exprimé sur le volet financier. Mercredi, Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement du Territoire, Éric Besson, Ministre chargé de l’Industrie et René Ricol, commissaire général à l’investissement, ont révélé la carte du déploiement de la fibre optique par les opérateurs privés sur les dix prochaines années. Parallèlement, l’État a aussi dévoilé le montant des investissements qu’il consacrera au déploiement du très haut débit, notamment pour couvrir les zones moins denses.

Fibre optique

Afin d’atteindre une couverture en fibre optique de 100 % de la population d’ici 2025 le gouvernement s’engage à investir 2 milliards d’euros provenant du grand emprunt. Cette somme sera ventilée entre les opérateurs privés et les collectivités locales.

Un milliard d’euros pour les opérateurs privés

Un milliard d’euro sera prêté aux six opérateurs privés (France Télécom, SFR, Iliad, Covage, Alsatis,et une société de projet à créer, Ezyla) afin de renforcer leur capacité d’investissement. Ces opérateurs se sont engagés à couvrir plus de 3 400 communes dont les 148 villes les plus denses d’ici 5 ans, ce qui représente 57 % de la population française. Récemment, Orange a confirmé son objectif de couvrir 60 % des français en THD d’ici 2020.

« Les opérateurs nous disent que pour atteindre leur objectif de couverture, on est aux alentours de six milliards (d’euros). Entre les collectivités et (l’État), nous rajoutons quatre milliards. On est aujourd’hui aux alentours de dix milliards sur la table, pour les 10 ans qui viennent  » a précisé le commissaire général à l’Investissement, René Ricol.

Soucieux de résorber la fracture numérique et rappelant que ce chantier représentait une somme de 25 milliards d’euros sur une quinzaine d’années, Éric Besson a prévenu que l’État sera « vigilant au respect de ces engagements ».

900 millions d’euros pour les collectivités territoriales

travaux fibre optique

Pour les 43 % de la population française résidant dans les zones rurales, le gouvernement a prévu de consacrer 900 millions d’euros pour les projets de déploiement des collectivités territoriales. Les subventions pourraient s’élever de 33 % à 45 % du montant des réseaux d’initiative publique selon l’importance des zones rurales dans chacun des départements a précisé Bruno Le Maire.

100 millions d’euros pour les solutions par satellite

Enfin pour les zones les plus reculées comme les régions montagneuses, une enveloppe de 40 à 100 millions d’euros sera attribuée aux solutions d’accès au très haut débit par satellite.

Ces objectifs semblent optimistes face aux critiques sur les lenteurs du déploiement du très haut débit. Début janvier, Yves Rome, le président de l’Association des Villes Collectivités pour le Communications électroniques et l’Audiovisuel(AVICCA) estimait que le déploiement prendrait 40 ans à ce rythme là. Par ailleurs, avec 900 millions d’euros consacrés aux collectivités territoriales, le gouvernement est loin des 15 milliards sur 15 ans réclamés par ces dernières.

Source : AFP

Conduite de projets numériques intercommunaux : étude de l’ADCF

L’Assemblée Des Communautés de France (ADCF) a publié en mars 2011 une étude en ligne de 44 pages sur la conduite des projets numériques intercommunaux.

L’étude s’est attachée au travers d’une enquête et d’entretiens d’élus et cadres à observer l’évolution des usages du numérique dans les communautés.

C’est le baromètre annuel que l’ADCF, via Ocalia, publie depuis 2004 pour suivre l’évolution des TIC dans les structures intercommunales, soutenue en cela par France Télécom Orange.

Historiquement habitués à intervenir sur les infrastructures de haut débit, les projets numériques des intercommunalités s’occupent maintenant d’usages et de services (pour 36% des stratégies numériques).

Le document intitulé “Les projets numériques intercommunaux” :

  • observe la progression des usages,
  • identifie les thèmes sur lesquels portent les initiatives locales.

Le classement par thématique est illustré de réalisations techniques concrètes.

Il est remarqué une progression des services publics en ligne et depuis peu l’engagement des intercommunalités dans l’éducation.

Pour reprendre les constats selon les termes mêmes de l’étude :

  • Les services : un accès renforcé par la dématérialisation
  • Des outils de gestion partagée
  • Développement économique : sensibilisation des entreprises et soutien de la filière numérique
  • Tourisme : organiser, articuler et mobiliser des moyens
  • L’éducation investie par le numérique
  • Santé, maintien à domicile : des sujets encore peu explorés

En plus du recensement des tendances à partir des réalisations, le document consacre une partie à l’organisation et aux budgets qui accompagnent l’exercice de la compétence numérique dans les intercommunalités, en fonction de la taille de la structure.

Télécharger l’étude sur le site de l’ADCF

LE TRÈS HAUT DÉBIT SUSCITE PEU D’INTERET DANS LES DOM

Un appel à manifestations d’intentions d’investissement (AMII) a été lancé par le Gouvernement le 4 août 2010, afin d’inviter les opérateurs de communications électroniques à présenter leurs projets de déploiement de réseaux à très haut débit (THD).

En réponse à cet appel, 6 opérateurs – France Télécom, SFR, Iliad, Covage, Alsatis et une société de projet à créer Ezyla – ont manifesté leur intention d’engager, d’ici 5 ans, les déploiements sur plus de 3 400 communes regroupant, avec les 148 communes qui constituent les zones très denses, près de 57% des ménages.

Le rapport qui a été rendu démontre un intérêt pour les investisseurs pour des projets étant basés en métropole. A l’inverse peu de projet sont destinés au territoires d’ Outre-Mer. DM Conseil, société spécialisée dans les activités d’audit et de diagnostic technique autour des métiers des TIC nous fait part des différentes initiatives privées pour les Départements d’Outre-Mer qui sont au nombre de 4 pour l’ensemble des DOM :

- une à La Réunion sur la commune de Saint-Denis,
- deux en Guadeloupe sur les communes de Pointe-A-Pitre et de Basse-Terre,
- une en Martinique sur la commune de Fort-de-France,
- zéro en Guyane.

L’ensemble des cartes et des réponses à l’appel à manifestations d’intentions d’investissement sont disponibles via ce lien.

Source : DOM TOM ADSL

Votre ordinateur vaut bien plus que son prix !

Imaginez que vous soyez tombé nez à nez ce
matin avec un cambrioleur masqué, faisant main basse non pas sur votre
argenterie ou vos bijoux, mais sur votre ordinateur portable. Ce criminel
atypique vous dit qu’il ne veut pas voler votre ordinateur mais le kidnapper.
Il vous le rendra si vous acceptez de négocier avec lui, et de déterminer
combien vous seriez prêt à mettre dans un rançon, annuelle, vous octroyant le
privilège de garder cette machine chez vous.

Les ordinateurs et leur valeur insoupçonnée

Ce qui pourrait sembler ridicule, mais de
nombreux économistes adoreraient faire cette expérience. Car ils suspectent que
nos ordinateurs valent, d’une certaine (et étrange) façon, bien plus que
ce que nous payons en les achetant. Actuellement, en gros, nous dépensons 550 euros
en matériel, et 30 euros en connexion Internet. Si vous achetez un ordinateur tous
les quatre ans, cela vous revient environ à 480 euros par an.

Mais nous passons des
milliers d’heures par an à nous délasser ou à effectuer des tâches
domestiques devant l’écran de nos ordinateurs personnels. Nous comparons les
prix de produits à travers le monde entier, nous ignorons les poèmes que Tata
Millie nous envoie, nous faisons nos comptes, jouons à des jeux fantastiques et lisons des journaux
en hindi. Ces activités doivent valoir à nos yeux bien plus quelques
centaines d’euros, vu comme nous dépensons notre argent sur d’autres choses.

Une valeur à chiffrer

Tout d’abord, voyons pourquoi les économistes
pensent qu’il est important de répondre à cette question. La valeur d’un
ordinateur ne correspond-elle pas précisément à ce que le marché en demande, c’est à dire la
somme du prix du PC, du coût de la connexion Internet et de d’électricité? Qui
se soucie de la valeur de bénéfices incalculables, de toutes les façons?

La
réponse la plus générale est que les économistes s’en soucient parce qu’il
semble que nous tirons d’énormes bénéfices incalculables de nos ordinateurs et
d’Internet, des bénéfices qui ne relèvent pas des traditionnelles mesures du PIB, des dépenses et des revenus.

Erik Brynjolfsson,  un
économiste
du MIT ayant passé vingt ans à étudier les effets de la
technologie sur les affaires et les statistiques macroéconomiques, explique que
cette question de la valeur pourrait nous faire revoir toute la manière dont
nous mesurons la production économique, puisque de plus en plus de
marchandises, de services et d’expériences se font aujourd’hui dans un monde
connecté et numérique et sont de plus en plus difficiles à comptabiliser. Pour
reprendre les termes de Tyler
Cowen, économiste à l’Université George Mason
, et qui vient juste de
consacrer une énorme part d’un
e-book
sur le sujet: «Plus nous
modifions l’usage de notre temps, moins nous pouvons nous fier aux statistiques
du revenu réel
».

Le «surplus du consommateur»

De nombreux économistes ont donc cherché à
définir ces «surplus du consommateur»
—la jolie formulation universitaire signifiant les «bénéfices que vous obtenez sans avoir à payer pour»— des
ordinateurs et d’Internet. (Et une littérature encore plus foisonnante explique
quelle est la valeur des ordinateurs pour les entreprises.) Par exemple, Erik Brynjolfsson
a mis le
doigt
sur l’impact des libraires en ligne, comme Amazon. Avec ses
co-auteurs, il a remarqué que l’incroyable variété de livres disponible sur
Internet, comparée aux boutiques physiques, procure des bénéfices au
consommateur.

Les calculs sont complexes, mais, globalement, Erik Brynjolfsson
et ses co-auteurs ont déterminé «de
combien d’argent un usager pré-Internet avait besoin pour obtenir l’équivalent
de ce qu’il ou elle a obtenu après l’émergence des marchés en ligne
»,
émergence qui lui a permis d’acheter un livre rare à un prix de marché correct
quasi instantanément. En se replaçant en 2001, il a estimé ces bénéfices entre 51
millions d’euros et 725 millions d’euros, soit de 7 à 10 fois les bénéfices de
la baisse des prix du livre générée par la concurrence en ligne.

Quelques études encore plus ambitieuses ont
cherché à évaluer tout le tremblement. L’une
des premières initiatives
est venue d’Austan Goolsbee, directeur du Conseil
des conseillers économiques de la Maison Blanche, qui était à l’époque
économiste à l’Université de Chicago, et de Peter Klenow, de Stanford.

En 2006,
ils se sont intéressés aux «gains de
bien-être
» incalculables que nous obtenons grâce à Internet. «Seulement 0,2% des dépenses de consommations
américaines […] provenaient d’Internet en 2004, et pourtant les données
disponibles sur le temps d’utilisation montraient les individus passer environ
10% de leur temps libre en ligne
», écrivaient-ils. Ils développèrent un
modèle fondé sur la valeur du temps individuel, et estimèrent au final que
l’accès à Internet correspondait à 2% du revenu global. Ensuite, ils estimèrent
que la valeur des gains de bien-être permis par Internet pouvait aller jusqu’à
2600 euros par personne.

Plus récemment, Karen Kopecky de la Réserve
Fédérale d’Atlanta et Jeremy Greenwood, de l’Université de Pennsylvanie ont abordé une question
connexe. Ils ont analysé les valeurs des ordinateurs personnels, du branlant
Apple II de 1977, jusqu’aux modèles surpuissants actuels, en prenant comme
repère les évaluations d’autres nouvelles technologies. Au final, ils ont
estimé que les PC valaient de 2 à 3% des dépenses de consommation personnelle.
Des calculs approximatifs  tableraient
jusqu’à 140 milliards d’euros, soit environ 450 euros par personne et par an. Mais
une analyse plus précise du Wall Street Journal mentionne
quelque-chose comme 1175 euros.

Évidemment, d’une certaine façon, ces études
mesurent l’incommensurable. Et je suis peut-être un cas particulier, mais vous
devriez me payer beaucoup plus que 1400 euros pour m’enlever Internet et mon
ordinateur portable. En outre, les économistes doivent engager ou deviner
toutes sortes de variables pour que leurs modèles soient effectifs —comme la
force de votre préférence pour l’utilisation d’Internet contre celle de la
télévision, et la valeur de votre temps libre. Cependant,  ils démontrent que nos ordinateurs valent des
sommes considérables à nos yeux. Mais vous n’aviez peut-être pas besoin d’une
étude universitaire, ou de la menace d’un enlèvement économique pervers de
votre ordinateur, pour le savoir.

Source : Slate.fr